WPT Barcelone 2007 - Compte-rendu de Sir Cuts

Jeudi 11 octobre aux alentours de 22h

Le nez dans mon armoire, cherchant désespérément des affaires propres à jeter dans ma valise, le téléphone vibre sur mon bureau. C'est Bertrand.

- Allô?
- Ouais c'est ElkY ça va fish de ouf ? (C'est plus respectueux qu'on croirait, ndr)
- Très bien et toi? T'es à Barcelone là ?
- Ouais on est à l'aéroport avec Arnaud là (Arnaud Mattern ndr), t'es où toi?
- Moi j'suis encore à Toulouse, je viens que demain mais TaLL et Johny sont déjà sur place appelle-les!
- Ok ok, tu joues demain toi?
- Ouais
- Ok moi aussi donc à demain

Un petit coup d'oeil sur le site du World Poker Tour et je vois que le frenchie Fabrice Soulier est en forme et a encore monté un gros tapis dans le day 1a du WPT Barcelone. Je m'arrête une seconde, moi aussi je monte souvent des tapis sur internet, pourquoi jamais en tournoi majeur ?

" DUNG "

Un ami connecté sur internet ! (Certains reconnaîtront MSN Messenger), un coup d'œil, c'est TaLL ! Il doit se connecter depuis l'hôtel. Un « yo fish » réciproque, j'apprends que la chambre de l'AB Skipper est sympa mais assez petite, et il se déconnecte pour aller manger avec Michel Abécassis, Johny et ElkY.
Fin de la soirée à jouer sur le net et à lire le site du World Poker Tour, je suis fin prêt, départ demain matin à 9h direction Barcelone!

Day 1

Ludovic Lacay Le lendemain, je termine ma valise en rejoins mon ami Jérôme, le frère de Balmix du clubpoker, il a gentiment accepté de venir avec moi, et m'a bien dépanné puisque sa Clio a plus de chances de voir Barcelone que ma 205 de 1982! Sa copine est aussi là, elle veut faire la fête avec ses copines là-bas, bon choix Barcelone pour la fête !
On part à 10h et on débarque vers 14h à Barcelone, on trouve vite l'hôtel: l'AB Skipper, un sublime 4* à deux pas du casino. C'est toujours amusant de se présenter à l'accueil d'un hôtel de standing avec nos fringues et nos dégaines de jeunes.
TaLL nous accueille, on règle les formalités, le tournoi n'étant qu'à 17h je monte poser mes affaires, meeting à 15h dans le hall du casino avec Paco le caméraman et Angel de Winamax.

La chambre est top, je tente de la prendre en photo, plus de batterie, le chargeur est à Toulouse... Ok Ludo tu commences bien.

15h, je rejoins Johny et TaLL en bas, Angel arrive et nous apprend que Paco a joué avec des potes toute la nuit et que le réveil doit être difficile, elle en profite donc pour nous donner des T-Shirts Winamax avec un requin dessus, très sympas, on redescend et Paco débarque, très frais comme prévu.
L'un d'entre nous doit rester pour faire un portrait vidéo pour le site, on tire à pile ou pile, ils ont faim, j'ai mangé, je reste.
Quinze minutes de questions plus tard je rejoins mes fishs au resto du casino de Barcelone, récupère mon siège et mange un morceau.
Tout va bien je ne connais personne à ma table. Enormément de français comme prévu à ce tournoi, Pascal Perrault, Thomas Fougeron, ElkY, Michel Abécassis, d'autre que je ne connais pas... et bien sûr le team Winamax presque au complet puisque seul Nicolas Levi manque à l'appel.

Le tournoi prend du retard, on apprend qu'on va retirer nos sièges, on tire et là ........ premier bad beat, je suis à la table d'Antony Lellouche et de TaLL (ainsi que de Martine23 un joueur américain pour ceux qui connaissent). C'est parti pour 6 niveaux de jeu, 15 000 de starting stack, et des blinds à 25/50 pour commencer.
Je joue mon style agressif d'entrée, relançant les 3 premières mains. 4ème main un scandinave relance à 150 en milieu de parole, je découvre JJ et reraise à 600, il paie.
Le flop vient 457 avec deux cœurs, il check, je mise 650, il relance a 2 100, je paie. La turn est un 7, il check et je check, la river est une dame de cœur, le board est donc 4577Q avec trois cœurs, il mise 4 500, j'hésite un moment et call avec mon JJ, il découvre 56 et muck. Premier joli pot! Tout va très bien pendant une heure, je vole plein de pots moyens et arrive à un tapis de 30k. Antony a lui aussi un gros tapis, TaLL par contre lutte un peu. On prend un break rapide et au retour plus rien ne va... je perds plein de pots, les blinds augmentent et je fais plein d'erreurs notamment contre Antony qui joue super bien la position... Je tombe très bas, vers 5k mais double up avec AA contre AJ. Je finis donc le day 1 avec 9 725 jetons, loin derrière les chip leaders.

Coté team Winamax c'est tout sourire! Johny est énorme avec 50k, Anthony a 39k, TaLL 24k, Arnaud Mattern 20k.... et moi fin de peloton avec 9 725 donc.
On se retrouve tous au bar de l'hôtel du casino, très sympa, quelques petites vodkas plus tard on rentre à notre hôtel.

Day 2

Le lendemain je me réveille et retrouve TaLL vers 14h pour aller manger, Johny fait la grasse matinée comme d'habitude. Le repas est l'occasion pour moi de me faire plaindre, tout le monde est en bonne posture sauf moi, sachant que pour la première fois on n'a pas swappé.
Swappé? Dans le team winamax on swap toujours, c'est un échange de pourcentages entre joueurs, d'habitude j'ai toujours entre 5% et 10% d'échangés avec TaLL et Johny. TaLL lui a toujours swap ou acheté un pourcentage de mon action depuis Las Vegas et mon premier tournoi live. “Vous allez tous être payés sauf moi, et on a pas swappé super”... lol

On rejoint tout le monde au casino pour ce day 2 et on découvre les tables.
Je suis à la table d'Annette Obrestad, joueuse excellente et super aggressive, et d'Ozzy87 un dieu du cashgame sur internet. Evidemment ils ont la position sur moi.
Les blinds sont de 200/400 avec une ante de 25 ou 50 je sais plus.
Bref je dois tenter le tout pour le tout.
Et ça marche assez vite, je vole une fois les blinds, avant de doubler sur Annette!
Je relance en milieu de parole, elle me sur-relance depuis le cutoff, je fais tapis avec ATo et elle paie avec KQo, le flop vient Kxx mais la river est un as salvateur!

La table étant plutot passive (Annette étant maintenant shortstack elle ne peut plus attaquer), je relance 78o en deuxième position, payé uniquement par le big blind. Le flop est un magique T96 avec deux cœurs. Mon adversaire check call les 2200, la turn est un 2 de pique qui ne change rien, il check et je décide de le mettre allin pour ses 6k restants. Il paie instantanément et retourne 78....... à cœur! C'est un freeroll pour lui, mais la river ne me tue pas. Il râle un peu en disant que je joue des mauvaises mains hors de position et Annette et moi on se regarde en souriant avant de lui préciser que c'est lui qui était hors de position. Une petite blague qui ressortira assez souvent à la table durant la journée (on paiera souvent depuis les blinds en disant “let's see a cheap flop in position“).

Je commence à bien me sentir à la table et déroule un jeu uniquement basé sur le vol préflop des blinds et des relances de mes adversaires. A deux occasions, contre le même joueur scandinave, celui-ci relance, est payé par un joueur avant moi, et je sur-relance et vole le pot avec rien. La 3ème fois même scénario mais je fold mon 96 à pique face à son reraise allin.

Un ou deux tours passent quand Thomas Fougeron vient s'asseoir à ma table, vers ma droite.
Mon scandinave relance alors à 1 800, Thomas paie, et je découvre une paire de dix, je relance a 6 800 total, et mon scandinave fait allin immédiatement pour 24k! Bingo je me dis mais ........ Voila que Fougan se met à réfléchir, il me regarde et réfléchit, une bonne minute, je réalise alors qu'il doit avoir JJ et qu'il doit fold pour que je puisse payer le scandinave que je pense battre je ne bouge pas et il finit par fold sa paire de dames! Je call et le nordique découvre A4o, flop tombe Txx turn Q, river Q. Fougan se lève de rage!
Un peu plus tard je relance au bouton avec AJo, Annette annonce tapis pour 10k. Immédiatement je paie, elle a A5 de pique et je gagne le coup.

C'est la pause dîner, j'ai 61k, chip leader des Winamax!

Repas avec le team Winamax ainsi que Patrick Bruel qui est super sympa, on discute de la demi finale de la coupe du monde de rugby, des qualifications pour l'euro de football, et on repart. Le buffet offert par le casino de Barcelone à tous les participants est très bon et très varié.
A ce moment-là Johny a 35k, TaLL 15k et ne voit aucun jeu, Arnaud 15k aussi je crois. Antony mange avec ElkY dehors, Michel Abécassis a 17k et Patrick Bruel est le chip leader des français avec plus de 100k.

Le retour sera difficile pour Arnaud qui se fait éliminer très vite, pour ma part je suis déplacé à la table de Barry Greenstein et de Brandon Schaefer. Changement de courte durée puisque à peine deux mains plus tard je suis encore bougé. Mes nouveaux adversaires sont bien plus dangereux, Christer Johansson, Erik Seidel, Pascal Perrault et Peter Jepsen en position directe sur moi. Je perds un premier gros coup contre Perrault, puis un autre contre Jepsen et encore un contre Johansson. Inutile de rentrer dans le détail de ces mains qui ne sont pas très intéressantes. Heureusement pour moi Erik Seidel relance toujours de la même position et je me doute qu'il tente de voler les blinds, donc 4 fois je le sur-relance et il fold sans hésitation (il me fera tapis la 5ème fois).

Nouveau changement de table et je pose mes 45k restants à une nouvelle table. A ma droite ElkY sévèrement shortstack avec 6k aux blinds 600/1 200, à ma gauche Steve “MrSmokey1” Billrakis avec un gros tapis. Je remarque aussi de l'autre coté de la table, un certain Markus Lehmann, lui aussi très à l'aise. La table est plus passive et me va parfaitement, je regarde un peu jouer MrSmokey1 et Lehmann, je sais ce que je dois faire. Je relance 99, un jeune joueur ibérique me paie, le flop vient dame et deux petites, je fais un continuation bet standard, il me relance, je dois abandonner le coup. Ce genre de coup coûte beaucoup, les blinds passent, et me revoilà à 32k.
ElkY double son tapis sur Billrakis et nous allons en break de 5mn. Je discute avec lui et lui confie que je sens que je vais le doubler vu qu'il est juste à ma droite et que je risque d'être en blind quand il fera tapis avec n'importe quoi.

Nous revoilà en piste, première main ElkY annonce tapis en début de parole pour 10k, les blinds sont alors à 800/1 600. Je découvre paire de neuf, et décide de l'isoler en relançant allin. Tout le monde fold, Bertrand a AK, c'est un coinflip et je le remporte. Je retombe très vite quand je perds un allin contre un tapis moyen avec 88 contre KQo. Les blinds passent à 1k/2k et on nous annonce que l'on va jouer deux niveaux supplémentaires, 45 joueurs restent parmi lesquels Johny et moi.

Ludovic Lacay et Guillaume de La Gorce


Je suis encore changé de table...

Mais celle-ci ne m'est pas tout à fait étrangère puisque c'est celle de Brandon Schaefer et de Barry Greenstein! Je vois aussi Thomas Fougeron qui n'a plus que 45k.

Après un premier tour sans rien voir, une main cruciale se joue. Thomas relance en première position à 5 000, je découvre AKs, j'ai alors 29k. La table est active et je décide donc de me contenter de payer en espérant qu'un autre joueur squeeze. BINGO ! Derrière moi un joueur asiatique avec des tonnes de jetons de 100 (les antes, donc probablement un joueur qui est très actif) relance à 18k total. Je savoure. Mais surprise, le small blind, pas mouillé d'un centime annonce allin pour 55k, retour à Fougeron qui fold après une petite hésitation. Je réfléchis, je l'observe, le joueur asiatique n'est pas important, mais que peut bien avoir ce français, un certain Jean Baptiste Tomi. Face à une telle action il est forcément très fort, il me reste 24k si je fold, le pot est énorme, même contre KK je dois payer si mes As sont encore « vivants ». Mais Fougan a relancé et fold ! Il avait peut être un as, peut être que le joueur asiatique aussi en a un... Je le regarde, lui dis “I hope you show me”, il est détendu, très détendu, je fold. Le joueur asiatique le paie, ils découvrent : AA pour le français, AKs (autre suite) pour l'asiatique.

“ I can dodge bullets baby.”


Mais avec 24k restants, c'est la guerre, je découvre AJ suité main suivante, je relance à 5k et un joueur très actif me paie en grosse blinde. Le flop vient, KJ4 un cœur, il check et je check. La turn est un A de cœur et il me met allin pour mes derniers 19k, je call immédiatement.

- Please tell me you don't have queen ten
- I just have a draw...


Ouf, 89 de cœur pour lui, la river est un 8 de pique, et me revoila a 55k. Je passe en blinde, un joueur annonce allin pour 25k en position moyenne, ça fold jusqu'à moi, je découvre, un dix... et un deuxième dix, je paie et il montre KJ. La turn apporte un T qui soulage, 80k, de retour pour de bon.

Je laisse passer un tour sans jeu, il reste moins d'une heure de jeu, la fin du niveau 1k/2k, et un demi niveau de 1 200/2 400.
Brandon Schaefer relance en première position à 6k, je compte rapidement 26k derrière, et je découvre une paire d'as. Je suis directement à sa gauche, sur relancer ici serait trop flagrant, surtout pour les mauvais joueurs de la table. Je paie.

“I'm allin”

Venant de derrière le croupier, au siège numéro 1, un joueur tombe dans le piège, c'est Barry Greenstein qui vient de mettre ses 40k restants dans le pot. Cela fold jusqu'à Brandon qui fold, et me sourit, je paie immédiatement. Barry découvre AQs et se rassoit en voyant ma paire d'as. Je me sens un peu mal pour ce grand joueur qui a attendu du jeu pendant très longtemps. Mais c'est de bonne guerre. Je ne me souviens plus de flop mais je sais qu'il était très bon, Barry pendant ce temps écrit quelque chose sur son livre “Ace on the River”. La turn ne change rien et Barry ne peut plus gagner le coup. Il se lève, vient vers moi livre et stylo à la main, il me demande mon nom et prénom pour dédicacer le livre. Je lui épelle et il me le remet, me serre la main et me dit bien joué.
Petit effervescence autour de moi, les différents sites chargés de couvrir le tournoi viennent me demander mon prénom et nom ainsi que mon tapis, on me prend en photo, ça y est je sors de l'anonymat et je me rapproche du peloton de tête.

Ludovic Lacay élimine Barry Greenstein

Il reste 30mn de jeu, j'ai 110k, et une disposition de table parfaite, des shortstacks solides à ma gauche, et les gros tapis me respectent maintenant. Sans difficulté je monte mon tapis et finis la journée à 143 500. Johny lui a bien géré, il a 54k alors qu'il a passé une journée noire.

On recompte nos tapis, on met les jetons dans les sacs, il ne reste presque plus personne dans la salle, sauf autour d'une table du tournoi. On commence à s'approcher quand un grand « oooh !!! » de surprise s'échappe du groupe, suivi immédiatement de la sortie poings levés vers le ciel de Pascal Perrault criant de joie. Un journaliste nous apprend qu'il vient de remporter un coup énorme à 160k avec AK contre KK, touchant son as à la river. Wow.

Retour à l'hôtel épuisé, il est trop tard de tout façon pour sortir, et une bonne nuit de sommeil pourrait aider pour le lendemain. Il reste 39 joueurs en course, 27 seront payés ! Je suis 8ème en jetons, le chipleader Steve Sung a 259 000.

Day 3

Je me réveille pour le day 3 confiant et motivé, je confie à Jonhy à quel point j'espère avoir une table avec des petits tapis à ma gauche et des gros à ma droite pendant cette période qui précède les places payées durant laquelle on peut voler énormément de blinds aux joueurs qui veulent être payés.

A peine arrivé je suis informé de ma table :

TABLE 17
  1. Henrik Gwinner
  2. Ludovic Lacay
  3. Farzad Heyati
  4. Steve Billirakis
  5. Richard Da Silva
  6. Vladimir Poleschuk
  7. Markus Lehmann
  8. Guillermo Garcia

Les tapis sont tous assez élevés sauf celui du joueur au siège 8. Table un peu difficile à première vue mais que je vais en réalité survoler du début à la fin !

Dès la deuxième main le siège 1 relance (il a un tapis assez petit), je découvre KJo et le sur-relance (c'est une situation idéale pour lui mettre la pression, il passe pratiquement tout à ce moment du tournoi). Il fold en me disant que j'ai l'air très confiant. Cinq minutes plus tard Guillermo Garcia envoie son tapis, je découvre AQ et décide de payer, son AJ est dominé est il est éliminé.

Un peu après, je relance Q9 en petit blinde, Farzad Heyati me paie, le flop vient 857 rainbow, je check, il bet 16k, je relance a 36k il fold instantanément.
Je me retrouve à nouveau contre lui quand Markus Lehmann relance en première position, je paie avec une paire de neufs, Heyati annonce allin, Markus fold, je paie et me retrouve en coinflip contre son AQ. La turn m'apporte un 9 et je remporte un pot énorme.

Je continue à marcher sur la table, Steve Billrakis raise en première position, je paie de la grosse blind avec KQs. Le flop A76 n'est pas génial, mais à ma grande surprise il check derrière moi, je décide donc d'attaquer à la turn sur le 3, il me paie après une longue hésitation, je pense qu'il a rarement un as ici donc je bluff encore la river avec un bet de 38k, la moitié de son tapis restant. Après une longue hésitation il fold.

C'est maintenant ce qu'on appelle la «bubble», on est 28 joueurs pour 27 payés, tout le monde resserre son jeu... sauf moi et les autres chipleaders qui relançons tous les coups profitant de la situation. Je dois donc relancer 11 fois d'affillée quand je me retrouve en petit blinde, je regarde Billrakis, je le sais capable d'une prise de risque, il ne joue pas pour être simplement payé. Je regarde mes cartes T5o, et fold en lui souriant à la grande surprise de toute la table, il regarde alors son jeu pour le fun... paire de dames !

C'est comme si rien ne pouvait m'arriver, les dieux sont avec moi.

Malheureusement la bubble se termine avec l'élimination du 28ème joueur, il faut alors resserrer son jeu car tous les petits tapis s'envoient en l'air à ce moment du tournoi, la plupart sont satisfaits d'être payés et prennent maintenant tous les risques. Pour ma part je passe en mode serrure, mon tapis me le permet.

Guillaume perd en 25ème position, remarquable quand on réalise qu'il a dû voir une seule main lors de la deuxième journée, il a su maintenir son petit tapis et doubler à la fin du day 2.

Dernière main avant le dinner break, Kees Alblas relance en milieu de parole à 15k aux blinds 2 500/5 000. Il a 120k, donc un gros tapis. Je découvre AK au bouton et le sur-relance à 45k, les autres joueurs fold et il annonce immédiatement allin.
Cette situation pourrait être délicate contre certains joueurs, mais contre lui pas du tout, c'est un call très très facile. Je m'explique, il était à ma table au day 2, celle d'Annette, quand j'ai complètement pris le contrôle et relancé tout les coups pendant deux heures. Il me voit donc toujours comme un fou furieux.
Je paie et découvre que je suis en bonne posture contre son AQs. Le flop est horrible (je ne m'en souvient plus vraiment mais du genre 9TJ avec deux piques) mais le reste du board me permet de gagner le coup.

Pause dîner avec 500k, chipleader, on a connu pire ;)
Michel Abécassis et Johny me donnent quelques conseils, on discute stratégie, et je repars jouer.

Nouvelle table
  1. Vladimir Poleshehuk
  2. Pasi Heinanen
  3. Mikhail Makarov
  4. Ludovic Lacay
  5. Markus Lehmann
  6. Steve Van Zadelhoff
  7. Melissa Hayden
  8. Nick Panopoulos
  9. Steve Sung
Très peu d'action à cette nouvelle table, tout se joue préflop et je ne me mouille pas trop. On est 9 joueurs, je ne connais pas trop mes adversaires, j'ai un tapis qui me permet d'attendre un peu, c'est donc ce que je fais.
Seule main notable, je relance TT en début de parole, Melissa Hayden fait tapis pour 70k de plus, je paie et elle retourne A4s, je suis encore devant et je remporte le coup l'éliminant à la 18eme place.

Après ça, le désert. Beaucoup de jeu préflop sans mains, je maintiens donc mon tapis à coups de steal et resteal. On arrive doucement à la deuxième bubble ! La « final table bubble ». Même principe, les joueurs ne veulent pas finir 10ème et manquer la dernière table, tout le monde joue donc très serré et je peux voler les blinds en compagnie de Steve Van Zadelhoff, chacun son tour lol.
Le dernier français en course, Jean Baptiste Tomi, se fait éliminer 10ème et nous voici en dernière table !
  1. Vladimir Poleschchuk - 96,000
  2. Christer Johansson - 870,000
  3. Erik Seidel - 117,000
  4. Steve Sung - 400,000
  5. Gus Hansen - 722,000
  6. Ludovic Lacay - 416,000
  7. Steve Van Zadelhoff - 299,000
  8. Markus Lehmann - 278,000
  9. Nick Panopoulos - 199,000

Blinds 5k/10k avec 1k d'ante.


Encore une fois stratégie simple, je suis 3ème en jetons, aucun risque à prendre sans une main légitime. Je suis super bien placé avec les trois joueurs dangereux à ma droite, Johansson, Sung et Hansen évidemment.

Hansen qui est d'ailleurs très impressionnant à la table, il prend plusieurs minutes dans chaque décision, il a l'air très concentré.
On doit jouer jusqu'aux derniers 6 joueurs qui participeront à la partie télévisée de la dernière table.

Encore une fois peu d'action, je joue quand même trois pots contre Hansen histoire de lui faire passer le message qu'il y a quelqu'un à sa gauche qui a l'intention de se rebeller au cas où il tenterait prendre le contrôle de la table, cela ne l'empêche pas d'éliminer Panopoulos et Seidel, avant que Sung ne sorte Van Zadelhoff avec AA contre QQ.
Ca y est !

Dernière table, top 6 !!!!!!

Ludovic Lacay Effervescence tout autour de moi, le téléphone sonne, des gens me parlent et me félicitent, Paco et sa caméra arrivent mais le staff WPT veut m'expliquer comment ça va se passer... Bref on passe de la concentration et du silence d'une table de poker à un truc incroyable ! Je répond au téléphone de manière mécanique, remerciant sans avoir idée de la personne à qui je parle, parents, amis, textos, connaissances, joueurs, tout le monde y va de son coup de fil ou de son texto.

Pendant ce temps j'apprends que la dernière table aura lieu au Casino de Peralada situé dans un château du Moyen-âge magnifique.

Je remplis la fiche WPT qui servira à faire mon profil à la télé, occupation, âge, questions sur ma vie et sur le poker, tout y passe !
Et puis ?




Et puis la fête bien sûr ! Tout étant fermé à Barcelone on se retrouve dans une chambre de l'hôtel, vodka commandée, on commence à discuter de tout et de rien, de mes mains, de ma stratégie, du poker en général.

On finit très tard, vers 9h du mat, le bus du WPT pour le château est lui à 14h à peine... C'est pas grave puisque j'ai un jour de break avant la dernière table...

Le trajet est sympa, deux bus avec, mélangés, la presse, les joueurs et leurs amis et famille. La délégation française est assez épuisée mais tout le monde est sur un nuage. Pas une heure ne se passe sans que je pense à la dernière table, à comment jouer, j'apprend que Gus Hansen est souvent venu voir ce que je faisais et a donc un peu observé mon jeu. Je me demande s'il va tenter de marcher sur la table ou s'il est gêné par ma présence à sa gauche... Peu à peu je passe en revue tous les scénarios et réfléchis à un plan, j'apprends tout ce que je peux sur mes adversaires, je me prépare.

Ludovic Lacay Arrivé à Peralada, direction l'hôtel du Golf où tout ce monde sera logé, une chambre par personne, c'est rustique mais assez classe, direction le restaurant du golf, un bon repas plus tard je pars m'isoler dans ma chambre pendant que les autres vont faire un golf.

Je lis les forums sur internet, les news, je discute avec des amis joueurs sur internet, et passe un peu de temps sur youtube a regarder des vidéos de mes adversaires dans des tournois précédents. J'apprends encore quelques trucs.

Le soir nous sommes tous attendu au Casino de Peralada pour une soirée chic. On ne sait pas trop à quoi s'attendre, une fois nos tickets d'entrée au casino obtenus je monte quelques marches et arrive dans une immense pièce déserte. Une table au centre, des sièges autour, du matériel vidéo de partout... C'est là. La petite douleur au ventre devient très vive quand je m'approche. Un mélange de stress et d'ambition, vivement demain !

Pour la réception, le Casino à fait les choses en grand, pièce immense avec des tables dressées comme dans les grands restaurants (vous savez, 6 verres et 4 jeux de couteaux/fourchettes), un menu dégustation très raffiné nous est servi et on assiste à un spectacle de flamenco en plusieurs actes, chacun séparant les plats. C'est magnifique, je peux vous dire que dans ce contexte-là, ça donne des frissons ! Coté vin et liqueurs c'est tout aussi grandiose, le château de Peralada étant aussi une cave, ils font en sorte que nous ayons toujours un bon vin dans nos verres. Juste avant le dessert Mike Sexton et Vince Van Patten font un petit discours dont j'ai oublié la teneur ma table étant plutôt distraite (le flamenco en avait motivé certains, le vin aussi d'ailleurs). Le repas est conclu par le passage d'un chariot de digestifs histoire de rigoler un peu (plus), et c'est dans cette ambiance très grisée que tout ce beau monde se dirige vers la salle de jeu du casino.

Michel Abécassis attaque sérieusement le blackjack local, tandis que Johny étudie les réactions du cylindre ibérique et la table. Pendant ce temps je discute avec Steve Sung et il s'avère que nous avons des parcours similaires puisque lui aussi jouait à CounterStrike (un jeu vidéo) dans des compétitions avant de se mettre au poker ! Je quitte le château pour aller me coucher vers 1h du matin, le résultat comptable de la délégation française aux jeux de hasard est... disons mitigé (catastrophique).

Avant d'aller me coucher, je jette un coup d'œil à mon planning, 12h15 maquillage, 12h30 interview et départ à 15h pour le château, début des hostilités à 16h.

D Day

Le jour J, je me lève vers 11h, pas de gueule de bois ni de pression particulière, une bonne douche et un bon petit déjeuner plus tard je vais au maquillage. Là, rien de spécial; ils tentent d'effacer les cernes sous mes yeux (bon courage) et m'envoient à l'interview vidéo. Là, on m'offre un protège-cartes WPT en argent avec gravé dessus « WPT Final table, Barcelona, October 2007 » puis je réponds à plein de questions basiques sur ma vie, comment je vois cette dernière table, blablabla...

15h direction le château avec la délégation française ! Guillaume, Michel Abécassis et sa copine, les journalistes, tout le monde m'accompagne.
Tout le monde court dans tous les sens dans la pièce où va être tournée la dernière table, et peu à peu on prend du retard.
Pendant ce temps je reste concentré, j'écoute mon baladeur MP3 dans mon coin, me promène dans le casino... je suis pas trop tendu, beaucoup moins que je l'aurai cru.

16h, cela va commencer, on est tous dans un coin prêts à rentrer sur le plateau dans l'ordre des sièges, tout le monde est tendu, j'en profite pour proposer à Gus Hansen de me donner les 500k euros de la première place en échange de quoi je le laisserai gagner, il refuse en rigolant (je plaisantais bien-sûr). Un à un les joueurs entrent, Hansen passe devant moi et les spectateurs lui font un triomphe, à mon tour maintenant...

« 22 years old coming from Toulouse France, with 400k chips, in seat 5, Ludovic Lacay »

Waouhhh, ovation, les français sont venus nombreux pour m'encourager, je serre la main de mes adversaires et m'assieds. Markus Lehmann rentre en dernier et le casino nous offre des cadeaux, un jeton collector d'un million de pesetas, ancienne monnaie d'Espagne, et une bouteille du champagne local joliment présentée.

Une pause pour filmer Mike Sexton et son acolyte qui présentent la dernière table, et c'est parti ! La dernière table du WPT Spanish Championship !

Première main AA, forcément je suis surpris, je relance. Christer Johansson de grosse blind commence à prendre des jetons, je suis déjà content, mais il annonce raise, alors là c'est génial. Il fait une grosse relance, très grosse, il doit payer le AllIn mais je m'en assure en faisant un peu l'acteur, après une minute j'annonce allin, il call. Je suis largement devant son AQs. J'ai maintenant 830k chips.

Après ça, je relance deux fois, seul Hansen me paie la seconde fois et il fold au flop sur KQ5, j'avais A4 quand j'ai misé 65k.
Ensuite Sung élimine le joueur russe et je ne joue pas de coup pendant un petit moment jusqu'à ma relance à 50k en petit blind contre Lehmann qui annonce allin et je fold mon 63o sans hésitations lol.

A ce moment-là, un pot énorme et surprenant se joue entre Hansen et Sung dans lequel Sung touche une quinte ventrale à la river sur A2553 (il a 24s, Hansen me dira au break qu'il avait un as assez faible).

Nous avons alors un break qui durera très longtemps, nous sommes à ce moment-là trois joueurs roue dans roue avec entre 800k et 1m de tapis.

Dès le retour Markus double son tapis sur un coup encore incroyable puisqu'il tente de bluffer avant le flop en faisant allin contre Gus qui est mathématiquement obligé de payer son tapis avec n'importe quelle main. Beaucoup d'entre vous ont été surpris par mes critiques sur le jeu de Markus mais cette main en est clairement une illustration. Il fait tapis par-dessus la sur-relance de Gus avec 78 à trèfle, ne réalisant pas que son adversaire ne peut plus fold, c'est clairement une erreur technique. Néanmoins, il remporte le coup contre ATs et double son tapis.

C'est au tour de Christer ensuite de redoubler son tapis, et nous voici donc maintenant tous les 5 roue dans roue. Incroyable scénario jusque là.
Et il n'est pas terminé puisque je vais entrer dans un rush incroyable à ce moment de la partie.

Gus relance au button à 64k, j'ai AQo et je sur-relance a 220k depuis la petite blinde, il passe.

Main suivante, il relance à 63k depuis le cutoff, je paie au bouton avec AT. Le flop vient J42 rainbow, il bet 84k, je relance à 225k et il fold.

Un coup passe et je me retrouve de grosse blinde. Sung limp au button, Hansen complète, je découvre KJo et relance à 100k total. Sung fold et Hansen hésite longuement puis paie. A ce moment-là, je sais qu'il n'est pas très fort et qu'il va tenter un move après le flop. Le flop vient 67Q et je check après Gus. La turn est un J, il y a 250k dans le pot, Gus a 350k de tapis. Il check encore. A ce moment-là, je sais qu'il n'a pas de dame, je sais aussi qu'il n'a pas AJ, j'ai donc la meilleure main. Ce qui caractérise Gus Hansen est son envie de faire des calls extraordinaires, ici je pense probable qu'il ait une paire, un TJ J9 ou 78s 56s 46s 68s, je décide donc de le pousser à faire de call extraordinaire en faisant un overbet à tapis. Avec ce move, je ne représente rien de très fort puisqu'une main faite ici miserait petit pour gagner un maximum, je veux donc semer le doute et le pousser à la faute, mais il fold sa main assez rapidement.

Main suivante Johansson relance à 55k, je paie en petite blinde avec TJs pique. Le flop vient 963 avec un pique. Je pense que le flop manque Johansson très très souvent, je ne sais pas comment il joue et je pense qu'il va fold tout ce qui a raté si je lead, je mise donc 85k en premier. Il call. Ici c'est très simple, s'il avait TT JJ QQ il aurait probablement relancé, un 9 aussi, il peut donc avoir un brelan, un 6, AA KK, ou ace high et sentir que je fais un move. Le plan est simple, s'il mise la turn c'est qu'il n'a rien ou qu'il a un monstre, mais comme vous le savez les monstres sont plutot rares sur ce genre de flop, donc le plan est de checkraise allin la turn s'il mise, et d'abandonner le coup s'il check derrière.
La turn est le 6 de pique, je check et il mise 140k, non seulement mon plan était de raise allin la turn mais en plus j'ai un tirage de flush valable si il a AA KK. Je relance allin et il passe instantanément...

Un tour passe sans action, tout le monde fold jusqu'à Gus Hansen en petit blinde qui relance à 74k, je compte son tapis calmement et regarde mes cartes, un premier as, je pense immédiatement à le raise allin, un deuxième as... ou pas ! A ce moment-là du tournoi, il est plus malin de simplement payer, il a peu de tapis derrière et va rarement me suckout sur le flop. Je call. Le flop vient Q64, après presque 3 minutes à réfléchir pendant lesquelles j'ai pris soin d'enlever les jetons de mes cartes comme si j'étais près à fold en cas de mise, histoire de le feinter, il annonce allin. Je paie et il grimace, wow il ne doit même pas avoir de paire ! Effectivement il a AT et j'élimine Gus Hansen en 5eme position. J'ai 1.8M, le second a 650k tout se passe super bien.

Je vole un petit coup à Sung avec rien au coup d'après (je ne me souviens plus vraiment l'action mais j'avais vraiment rien, il a raise j'ai call, check check flop, et je mise la turn pour remporter le coup).

Je suis ensuite en premier position et je relance à 55k avec paire de 9, mais je réalise que les blinds viennent de passer à 15k/30k je suis donc obligé de faire 60k. Steve paye en grosse blind. Je sais que Steve ici me paie avec beaucoup beaucoup de mains parce que ma relance est minuscule. Le flop vient un magnifique 942 rainbow, Steve check et je mise, parce que check ici en tant que chipleader serait plus suspect encore que de miser, il call mes 60k et la turn vient 8, un deuxième carreau. Il mise alors en premier 120k, je compte son tapis, il a 450k derrière, et probablement une main moyenne, voire un tirage. Je n'ai pas envie de payer ici et de payer s'il touche son tirage river, je pense donc relancer à un montant lui permettant éventuellement de me faire tapis par-dessus pensant que je n'ai rien, je fais donc à peine plus que la relance minimale, je relance à 300k. Il fold et voyant mes cartes m'avoue qu'il avait des outs, un tirage donc.

Deux mains après, mon ami Sung se fait sortir par Lehmann avec KK contre AA, une terrible rencontre à ce stade du tournoi. Nous avons alors un petit break, j'ai 2M contre 900k de Lehmann et 425k de Johansson.


Le 3 handed commence difficilement, je ne gagne pas un coup et décide de laisser Markus et Christer s'entretuer, ce qui arrive rapidement sur un coup de chance encore incroyable de l'autrichien.
Il paie la mise de Johansson au flop avec K5 sur 78T et trouve un K turn, il checkraise Johansson qui le paie avec QT et se fait éliminer.

Début du Heads Up j'ai 1.8M contre 1.5M

On n'a pas discuté d'un deal, il me confie qu'il joue pour le fun et qu'il sait que je suis meilleur. Il ajoute que 500k euros pour lui, c'est un mois de salaire, je sais alors qu'il va jouer le tout pour le tout. A ce moment-là, il faut oublier toute les situations de bluff potentielles, il ne foldera jamais préflop et rarement si il touche après le flop, la solution pour remporter le match est simple, il faut toucher du jeu contre lui.

La première main va donner le ton du match, il paie ma mise au flop et attaque turn river J5 sur 832 Q 5, je le paie avec 93o et il touche son 5 à la dernière.

J'ai ensuite AJ, je relance, le flop vient 842, check check, turn 6 il mise gros et je fold, jouant la sécurité.

Je lui prend ensuite un petit pot avec 72 quand il mise la turn sur T764 et on check la river.

Markus relance ensuite à 120k je paie avec paire de 8 (rétrospectivement je crois que j'aurais du allin ici mais à ce moment-là du tournoi je voulais jouer des petits pots contre un joueur plus faible), le flop vient QT6, je check call sachant qu'il mise tous les flops ici avec ou sans une main, la turn est un as, encore pire mais une bonne carte pour tourner ma main en bluff, je mise 300k dans l'optique d'allin river, il fold ce qu'il me confiera être un T.

Je relance ensuite Q9, flop J75, check check, turn 5 check encore, river Q et il ne paie pas ma mise de 135k.

Main suivant il limp en sb, j'ai 73s à pique en grosse blinde, flop KTT avec deux piques, je check call, la turn est un T et je check fold jouant encore la sécurité puisque n'importe quelle paire fait full maintenant.

C'est alors que se joue le coup le plus important du tournoi, je paie tout le monde avec 79o sur Q935T et il a K9. Je regrette d'avoir payé avant le flop, mais pas après ça, c'est un pot très important et j'ai juste un kicker trop faible pour le remporter.

Après le break il a le devant en jetons, j'ai encore AJ, je relance il paie, flop KQQ avec deux cœurs, il lead alors 150k je pense avoir la meilleure main et paie, la turn est un 6 de pique et il attaque encore 300k. Ici je dois tapis ou fold, chaque fois qu'il m'a fait ça il avait touché quelque chose, donc je pense pas pouvoir le bluffer et j'ai trop rarement la meilleure main, je fold donc... encore.

Les blinds augmentent alors, j'ai 950, donc 20 fois la grosse blinde, il relance à 125k et je découvre A5, ce qui est très probablement la meilleure main, j'hésite à faire tapis tout de suite mais c'est un peu gros comme allin, je sur-relance alors à 350k, il call. Le pot fait 700k et j'ai à peine 600k, il me reste juste donc la place de faire allin sur un « bon flop ». Un bon flop, c'est bien-sûr un as mais aussi tout ce qui est petit et dépareillé.

8 5 3 au flop. Je suis mon plan annoncé, allin, et il paie de suite puis me montre doucement 8...K...

Encore un fois son call préflop est discutable vu le montant qu'il met et le peu de tapis qu'il me reste. Bref il remporte le coup, le titre, et je termine 2nd.

Ludovic Lacay Très déçu sur le coup, je savoure beaucoup plus maintenant, ce tournoi a été génial, j'ai vu beaucoup de jeu et je pense avoir bien joué. Au niveau du heads-up bien-sûr on pourrait critiquer ma stratégie trop «passive» mais je pense juste qu'il a touché trop de mains pour que je puisse gagner.


J'espère que ce long compte rendu vous a plu. J'ai essayé d'expliquer mes raisonnements dans les mains «clés» de la dernière table.

Merci à vous tous pour le soutien durant tout le tournoi, merci particulier à Winamax qui a fait confiance à un joueur à l'époque inconnu et qui m'a permis d'aller aussi loin, merci aussi à Michel Abécassis pour avoir été à mes cotés durant toute l'aventure ainsi qu'à mon ami Guillaume De La Gorce (Johny 001) pour m'avoir suivi à Péralada.

Gros bisous aussi à Sandrine, à mes parents et à Nico pour avoir fait le déplacement !

GL à tous !

Ludovic Lacay “Sit Cuts”